Il est un être dans le domaine vivant, qui, bien que ne se laissant pas voir facilement – il fallut attendre le XVIIème siècle – est au centre de chaque processus naturel. Sans lui, aucune fleur ne pourrait s’épanouir, aucun insecte ne viendrait la butiner, l’air serait asphyxiant pour l’un comme pour l’autre et le sol n’existerait même pas. Les microbes – μικρός « petite » βιος « vie », et plus particulièrement bactéries et archées constituent le socle sur lequel repose l’ensemble des systèmes naturels, c’est l’atome du monde vivant.


Bactéries La bactérie est un organisme procaryote, c’est-à-dire une être uni-cellulaire dont la cellule ne possède pas de noyau. C’est la forme cellulaire la plus simple connue à ce jour, répandue dans toute la sphère terrestre des profondeurs de la terre au sommet du ciel, capable de vivre dans la glace des pôles comme dans les cratères des volcans. Les scientifiques considèrent qu’elle est la première forme de vie à être apparue sur terre. Elle habite en tous lieux de même qu’en chaque être vivant, ayant légué par endosymbiose aux cellules à noyau (eucaryotes) leurs mitochondries – centre énergétique de la cellule, laissant de même aux cellules végétales leurs chloroplastes – siège de la photosynthèse.

On peut placer les bactéries entre le règne minéral et le règne végétal car elles sont les seuls organismes capables de puiser dans leur milieu pour convertir la matière inorganique en matière organique : elles sont dites autotrophes, par opposition à hétérotrophes comme le sont les animaux ; nous avons vu que les plantes devaient leur autotrophie à la symbiose avec une bactérie photosynthétique. Les bactéries sont donc l’interface entre le règne minéral et le monde organique, végétal ou animal. Yellowstone

Louis Kervran, scientifique français du début du XXème siècle, publia plusieurs ouvrages dans lesquels il exposa une théorie sur les transmutations biologiques. Il relata et effectua plusieurs expériences dans lesquelles on peut constater la substitution d’un élément chimique par un autre dans un milieu organique. Il fit état par exemple de l’expérience de Vauquelin qui constata la production de calcium par des poules, dans les coquilles des œufs, qui n’en consommaient pas. Lui même observa la production de calcium par des grains d’avoine en cours de germination. Des dizaines d’autres observations sont présentes dans la littérature concernant différents éléments chimiques. Là encore, les bactéries auraient un rôle central à jouer.

Cycle de l'eau Dans la nature, les bactéries gouvernent les cycles naturels dits biogéochimique. Dans le cycle de l’azote, elles permettent la fixation de l’azote atmosphérique (ammonification), sa transformation dans le sol (nitrification) et sa restitution à l’atmosphère (dénitrification). Dans le cycle du carbone, elles réalisent sa fixation dans le sol (humus), sa restitution (respiration) et sa fossilisation (roches, charbon, pétrole). Sur ces deux cycles reposent la formation de l’humus du sol et la respiration animale et végétale. Elles interviennent encore dans les cycles de l’hydrogène et de l’oxygène, de même que ceux du soufre et du phosphore. Le cycle de l’eau est lui aussi soumis l’activité bactérienne car elles interviennent dans l’évapotranspiration de même qu’elles participent à la cristallisation de l’eau dans les nuages pour former la pluie. Elles déterminent ainsi l’ensemble du climat et entretiennent l’harmonie et l’équilibre de la vie terrestre. Ce sont les régulateurs du monde vivant.

Dans le corps humain, le bactéries sont présentes en très grand nombre. A l’interface entre le monde extérieur et intérieur, sur les muqueuses des intestins et des poumons, sur la peau, sont présentes des colonies bactériennes dix fois plus nombreuses encore que celles déjà associées aux cellules. Celles-ci nous confèrent 70% de notre immunité de même qu’un apport d’éléments nutritifs indispensables. D’autres encore vivent à l’intérieur du corps où elles assurent la dégradation et le recyclage des déchets lymphatiques. Comme dans la nature, une prolifération bactérienne suite à une perturbation est l’indication d’un retour à l’état d’équilibre. Malgré cela, l’homme moderne dans son orgueilleuse arrogance leur a déclaré la guerre et déclenché un véritable génocide. Les antibiotiques sont l’instrument d’un suicide entrepris à grande échelle dont nous ne savons nous tirer aujourd’hui sans remettre en cause le dogme pasteurien tout en constatant ses funestes résultats. Flore intestinale

Dans la vie courante, nous utilisons différents types de fermentations dont levures et bactéries sont les chefs d’orchestre. La fermentation alcoolique, la fermentation lactique et la fermentation acétique sont utilisées dans le monde depuis la nuit des temps pour la conservation des boissons et des aliments. En agriculture, le compostage des déchets animaux et végétaux redonne la fertilité aux champs afin d’assurer des récoltes suffisantes.

Fermentation Alchimiquement, c’est le Feu Naturel associé à la dissolution, la digestion, la fermentation, la putréfaction et à la couleur noire. Ce feu est représenté par le tas de fumier ou le ventre de cheval car sa température est douce et nourrissante. C’est la porte d’entrée de l’Œuvre : la matière se décompose dans toutes ses parties, les plus fixes se séparant des plus volatiles, la matière ouvre son centre et libère son germe vivant. La mort est associée à cette opération, non pas en tant que fin mais en tant que passage d’un état vers un autre plus volatil dont le corbeau est l’emblème. C’est enfin le combat du chevalier et du dragon, celui-ci laissant au terme de la lutte jaillir son sang magique, abandonnant derrière lui le trésor qu’il tenait caché dans sa grotte.